Effectifs par filière

Monsieur Patrice Petitclair, directeur des études à Phelma, nous a généreusement donné une heure de son temps pour discuter des attributions des places par filière, mais également des restrictions budgétaires que peut rencontrer l’établissement.

Perspectives d’embauche 

Si le marché du travail dans cinq ou dix ans est évidemment inconnu, le contact est permanent avec les industriels grâce aux Projets de Fin d’Études des étudiants 3A, à l’organisation de la journée de partenaires, à la présence des industriels au conseil d’administration représentant des PME, et de grandes entreprises (EDF, STMicroelectronics, MBDA, HUTCHINSON, Schneider Electrics, Rolls Royce, SAFRAN, BECTON DICKINSON, Orange Labs, SOFRADIR, Dolphin Intégration ou encore du CEA/LETI). Les industriels participent aussi aux enseignements et conférences. Le directeur des relations entreprises de Phelma Said Obade et le service RE font un gros travail pour passer des accords de partenariat et sont chargés de suivre les jeunes diplômés de Phelma grâce aux résultats d’enquêtes menées qui permettent de connaitre le taux d’embauche à trois mois, six mois ou un an après leur sortie de l’école dans les différents secteurs où Phelma est concerné.

Par exemple les responsables PNS ont pu recentrer les objectifs de formation d’un ingénieur en Physique et Nanoscience par le suivi des étudiants PNS des dernières années qui avaient du mal à trouver une embauche avec un bagage de physique fondamentale. Certains étudiants souhaitent rejoindre la filière PNS pour s’orienter vers la recherche, mais ce n’est pas l’unique objectif de cette filière. Les postes d’enseignants chercheurs et de chercheur sont extrêmement rares actuellement, du moins dans la fonction publique en France, pour exemple, le dernier maître de conférences Phelma, toutes filières confondues, a été recruté il y a déjà deux ans… Les postes d’enseignant temporaire (ATER) proposés aux étudiants en thèse à Phelma sont actuellement gelés pour plusieurs années. C’est en prenant en compte tous ces éléments que le nombre de places en PNS a diminué cette année.

Encadrement et accueil des étudiants

Outre la question de l’embauche, le taux d’encadrement et d’accueil de Phelma (et le cas échéant, de l’Ensimag) est un autre paramètre à prendre en compte lorsqu’il est question de répartir les places par filière :

Typiquement, il y a 45 places en GEN – pour 71 premiers vœux provisoires – ce qui correspond à deux séries complètes. Répondre aux vœux ne correspond pas aux offres d’embauche qui ne sont pas en augmentation dans ce domaine. Rajouter par exemple cinq élèves dans une filière saturée pour satisfaire plus d’étudiants reviendrait à augmenter d’une série en termes d’encadrants pour les TP. Pour 24h de TP réalisés par les élèves, Phelma doit pouvoir fournir un encadrement de 2séries x 24h x nb d’enseignant (sans compter que les étudiants de GEN ont la chance de se rendre à Cadarache pour des TP, il faut donc se restreindre à la capacité d’accueil possible proposé par EDF…). Ainsi le nombre de places en GEN n’a pas changé, car d’une part Phelma ne peut pas forcément fournir les enseignants pour cette autre série et, d’autre part, pour que le taux d’encadrement soit cohérent il faudrait ajouter 20 places en GEN : quid des autres filières ? Il faut aussi des places dans celles-ci, pour répondre aux besoins d’embauche des entreprises, mais aussi aux domaines des enseignants de l’école.

Dans le cas de la filière SEOC, il y a une forte employabilité dans ce domaine, mais l’Ensimag doit composer avec sa capacité d’accueil maximale : 40 étudiants par série, soit 80 étudiants au total, en tenant compte des étudiants accueillis d’autres universités étrangères, ce qui impose 35 places pour Phelma.

Des déceptions à relativiser

Ainsi, comme dans toute sélection, il y aura des déçus, c’est inévitable. Néanmoins, il est plus que déconseillé de viser la 1B pour retenter sa chance. Monsieur Patrice Petitclair insiste sur trois points, qui sont sans doute le message central de cet article :

  • les étudiants qui redoublent n’ont souvent pas de meilleur choix en 1B.
  • Afficher un diplôme d’ingénieur en 4 ans sur un CV n’est pas spécialement valorisant.
  • La filière que nous ferons ne déterminera pas notre carrière à venir. Au cours des 10 dernières années, Monsieur Petitclair a eu l’occasion de garder des contacts avec des étudiants qui ont par la suite eu des évolutions de carrière inattendues et très différentes par rapport à leur cursus. Un PFE « en marge des domaines d’une filière » peut par exemple amener à rebondir vers un secteur différent de la filière initiale qui ne reste qu’une coloration. Ainsi, le PFE ou le premier emploi détermineront bien plus une carrière.

Répartition des filières 

Cette année, les répartitions de filières prendront en compte les résultats des étudiants à l’issue de la session 2, que l’étudiant ait eu ou non des rattrapages. Ceci permet de prendre en compte la progression des étudiants lors des rattrapages, mais attention, la moyenne des modules rattrapés est plafonnée à 10, et ne pourrait pas permettre de faire un bon dans les classements par rapport aux étudiants ayant validé leur année à la session 1.

Questions budgétaires 

La conversation a amené Monsieur Petitclair à décrire plus précisément les restrictions budgétaires, plusieurs fois évoquées à Phelma.

Les règles budgétaires de l’état ont évolué ces dernières années, comme la loi sur l’autonomie des universités, mais aussi les attributions de budget. Cette dernière précise l’autonomie financière et ainsi l’INP se charge des salaires du personnel (enseignant et administratif) qui est toujours géré par l’état. Ce budget attribué par l’état est resté constant.

Au cours de leur carrière, les fonctionnaires suivent une progression identique au niveau national et donc la masse salariale augmente. L’INP doit respecter cette augmentation de salaire avec ce budget constant.

De par ce déséquilibre dans le budget, Phelma ne peut plus recruter ni professeurs ni personnel. Ainsi les enseignants partant à la retraite ne sont pas remplacés et leurs fonctions se retrouvent alors réparties entre le reste de l’équipe pédagogique. Malgré cela, les budgets (fonctionnement et investissement) alloués aux services d’enseignement ont diminué.

L’INP a demandé à Phelma de faire des économies, sur la surveillance des examens par exemple assurés par le personnel en place alors que des surveillants étaient recrutés auparavant. Le rectorat est aussi intervenu, sur un sujet que nous, étudiants, connaissons bien : la dématérialisation des supports de cours. Phelma n’a plus le droit de distribuer des polycopiés aux étudiants, et pour autant, enseignants comme étudiants reconnaissent le besoin absolu de supports papiers pour suivre en cours. Lorsque la mesure a été prise l’année dernière, les étudiants devaient imprimer leur texte de TD ou document de cours depuis Chamilo. Cette solution n’était pas très satisfaisante, car les étudiants n’avaient pas forcément d’imprimante et celles du libre-service étaient saturées, donc toujours hors service. C’est ce qui a mené à la solution que nous connaissons actuellement : le Cercle gère la distribution des polycopiés et peut, du moins l’administration l’espère, par la même occasion, gérer de manière plus autonome ses finances en tirant quelques maigres revenus des cotisations – car, ne l’oublions pas, les problèmes budgétaires de l’école ont aussi un impact sur les subventions pouvant être attribuées au BDE/BDS/BDA.

 

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