Interview de Yoann, président d’Akuu

Phelma News : Salut Yoann, est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Yoann Rey Ricord : Salut le Phelma News, je suis actuellement en césure en Amérique du sud où je m’occupe de divers projets solidaires en lien avec l’association dont je suis co-fondateur, AKUU. J’ai 23 ans et ce n’est que récemment que j’ai réalisé qu’il était trop tard pour être pessimiste, c’est pourquoi au risque d’être considéré comme un utopiste je suis de nature plutôt optimiste.

 

PN : En quoi consiste l’action d’AKUU ?

YRR : AKUU est une association qui vise à limiter les émissions de gaz à effet de serre participant au dérèglement climatique à travers la préservation de la forêt amazonienne. On cherche à contribuer à une prise de conscience collective des enjeux climatiques globaux. Pour cela, on se donne la mission de trouver des alternatives aux solutions énergétiques polluantes existantes, on cherche à favoriser un tourisme éco-responsable et à limiter le gaspillage et la pollution. Ensuite, en plus de nos actions sur le terrain, on réalise différentes campagnes de sensibilisation avec pour objectif de rendre notre public producteur de savoir et non récepteur passif d’informations.

 

PN : Comment est structurée l’association ? Regroupe-t-elle uniquement des étudiants ?

YRR : L’association fondée en novembre l’année dernière s’est construite autour d’un pôle central décisionnaire, il réévalue sans cesse nos projets, on l’appelle le pôle évaluation d’impact. C’est une façon pour nous de contourner la structure entrepreneuriale classique de type pyramidal et d’évoluer dans un système plus « horizontal ».

Pour ce qui est de nos membres, AKUU est composée en majeure partie d’étudiants réalisant des formations différentes, de nationalités française comme étrangère. Elle compte à ce jour un peu plus de 50 membres actifs. L’idée même du projet est de diversifier les points de vue afin de maximiser notre impact, ce n’est donc pas une association réservée exclusivement aux étudiants : elle est ouverte à tous.

 

PN : Est-ce que les problèmes de l’Amazonie concernent aussi l’Occident ?

YRR : Du fait de son immense superficie et de son incroyable biodiversité, elle joue un grand rôle dans la régulation climatique à l’échelle planétaire. Ce sont 118 milliards de tonnes de CO2 qui sont capturées et stockées par celle-ci chaque année. En gros, ça représente 7.8 fois les émissions des Etats-Unis et de la Chine réunis.
L’équilibre de cette forêt qui nous protège tous d’un avenir déjà très incertain est compromis.
D’après différents rapports, il y a deux « tipping point » à ne pas franchir pour ne pas se retrouver
dans une situation de non retour : un réchauffement de 4° et une déforestation de 40 %. Au-delà on parle d’emballement climatique, c’est un peu comme l’arrivée du dernier cours de micropro.

Le hic c’est que le choc émotionnel est d’autant plus faible que la distance (physique comme morale) qui nous sépare du problème est grande. Pourtant pour en revenir à ta question « ça » nous concerne tous directement !

« ça » concerne Lucas, amateur de ski qui devra troquer la fabuleuse poudreuse de son hors-piste préféré pour les canons à neige.

« ça » concerne Benoît, amateur de bon vin qui devra se contenter d’un vulgaire « vinaigre Norvegien ».

« ça » concerne aussi Florian qui assistera de ses yeux à une vague de centaine de millions de réfugiés climatiques aux portes de l’Europe.

La liste est longue et nous ne parlerons pas des millions d’enfants qui perdront la vie chaque année, ce serait délicat à introduire et bien trop négatif.

Enfin bon, ce qui est certain c’est que ça nous concerne tous, d’où l’importance d’agir ensemble pour faire émerger une prise de conscience collective, qui nous permettra à terme de vivre en harmonie #peaceandlove.

PN : Qu’est-ce qui a déclenché l’envie de t’engager/fonder l’association au sein d’AKUU ?

YRR : Depuis plusieurs années, je me sens extrêmement concerné par le changement climatique. Dans le cadre de mes études, j’ai fait le choix de faire un stage dans une ONG au Pérou (WindAid Institute) où je travaillais dans les énergies renouvelables. Je dois beaucoup à cette expérience et aux fabuleuses rencontres qui en découlent. C’est le 12 mai 2016 à Iquitos que j’ai fait la rencontre de Marlon Diaz.
Je me rappellerai toute ma vie de Marlon Diaz comme l’homme qui a concrétisé un rêve d’enfant, celui de découvrir un lieu où l’émerveillement est à la fois puissant et éphémère. L’Amazonie est une bibliothèque vivante, véritable poumon du monde, elle possède une beauté à vous couper le souffle. Le bruit assourdissant de la biodiversité inégalable qui la compose est, paradoxalement, extrêmement reposant et plaisant. C’est à la fin de cette expérience que Marlon a fait le choix de nous montrer l’envers du décor. J’ai alors constaté avec effroi un contraste saisissant, presque irréel. Celui d’une forêt primaire gorgée de vie, transformée progressivement en de vastes steppes stériles. La préoccupation des locaux, adultes comme enfants, pour leur avenir et le nôtre est à l’origine de l’association AKUU et de ma motivation inébranlable.

 

PN : En quoi consiste la présidence d’une telle association ?

YRR : Il s’agit simplement d’avoir une vision d’ensemble, l’intitulé du poste lui ne veut pas dire grand-chose. La structure se veut horizontale, disons plutôt que l’une des choses importantes que j’ai à faire, c’est de veiller à ce qu’elle le reste.
Cela permet de stimuler l’appropriation du projet chez nos bénévoles ainsi que leur prise d’initiative. Je passe la majeure partie de mon temps à présenter le projet et à vérifier son avancement.

 

PN : Comment peut-on s’engager nous aussi pour aider AKUU et les causes qu’elle défend ?

YRR : Le fait d’inclure l’Amazonie dans un processus de création de ressources économiques entraîne
une exploitation intensive des ressources naturelles, qui ne peuvent se renouveler assez rapidement pour pallier cette extraction, provoquant ainsi une réelle altération environnementale du bassin amazonien. La raison principale de ce déboisement intensif est liée en grande majorité à l’élevage et au commerce. Et si le Brésil est le plus grand exportateur de bœuf, de céréales et de cuir au monde, il est inutile de rappeler qui en sont les premiers clients.

Le plus grand des pouvoirs reste donc entre les mains du consommateur, je suis intimement persuadé que si l’on en parle autour de nous, si l’on arrive à convaincre rapidement la majorité que tout est encore possible, on sauvera le monde des conséquences néfastes de l’Anthropocène*. Mais vous pouvez aussi adhérer à l’association, parrainer un enfant, nous suivre sur Facebook, partager notre site web (www.akuu.org) faire un don, la liste est longue…..

 

PN : Comment envisages-tu l’avenir d’AKUU ?

YRR : Si tu avais bien suivi jusqu’ici, tu saurais que ce n’est pas à moi de l’envisager !

PN : Merci Yoann. Puisse Akuu réussir sa mission !

 

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site d’Akuu : http://www.akuu.org/.

* Anthropocène : période géologique non officielle caractérisée par l’influence irréversible de l’Homme sur la biosphère

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